Tout amateur de café racer et de motos anciennes a déjà entendu parler du célèbre cadre Norton « Featherbed » et du bi-cylindres Harley « Liberator ». Mais avez-vous déjà vu une combinaison de ces deux éléments, un café racer Norton – Harley Davidson alliant le meilleur des deux mondes ? C’est le projet fou de Mwinkcustoms avec la NorHD !

Mwinkcustoms, une histoire de famille
Mwinkcustoms, c’est l’atelier de Makai Wink, un jeune Néerlandais de 20 ans passionné de motos et de prépa ! Et pour cause, Makai a grandi dans une famille de motards : « J’ai grandi avec mon grand-père, ma grand-mère, mon père et ma mère qui faisaient tous de la moto. Et je me suis toujours dit, quand je serai grand, je veux moi aussi construire et conduire une moto » confie-t-il.

Le projet de cette moto était d’ailleurs à l’origine porté par son grand-père. Un jour, alors qu’il faisait du rangement dans son garage avant de vendre sa maison, il tomba sur un moteur Harley-Davidson de 1942 ainsi que quelques pièces détachées. Pas étonnant quand on sait que le père et le grand-père de Makai collectionnent les pièces de moto depuis leur plus jeune âge.

La NorHD, un projet fou de café racer Norton – Harley Davidson
Mais que faire d’un moteur seul ? Surtout lorsqu’il s’agit d’un bloc aussi mythique que celui sur lequel venait de mettre la main le grand-père de Makai. En effet, ce V-Twin Harley de 1942 n’est autre qu’un WLA « Liberator », le célèbre bicylindre en V à tête plate des années 1940, qui tient son surnom des Harley conduites par certains soldats américains lorsqu’ils libérèrent l’Europe occupée.

Une idée géniale vint alors à la famille Wink. Pourquoi pas installer ce moteur dans un cadre tout aussi mythique, celui d’une Norton Atlas de 1967 que le grand-père possédait ? Aussitôt dit aussitôt fait, voilà le grand-père lançait dans l’adaptation du V-Twin Harley au sein du mythique cadre « Featherbed ».

Ce cadre légendaire trouve son origine en Irlande du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale. Les frères McCandless l’avaient initialement développé pour équiper leurs motos de course. Il intégrait un bras oscillant et les unités ressort/amortisseur d’une automobile Citroën, une conception bien éloignée des hardtail de l’époque – à savoir des cadres sans amortisseurs arrière.
Puis, après-guerre, leurs réalisations attira l’attention du directeur de Norton, qui demanda aux deux frères de développer un nouveau cadre pour la Norton Manx.

De cette Norton Manx, un commentaire restera célèbre : “C’est sur le circuit de Silverstone en 1950 que le coureur Harold Daniell a fait le commentaire désormais célèbre selon lequel le nouveau McCandless Manx était comme un « lit de plumes ». Depuis, le nom est resté » d’après Motorcycle Classics
D’importantes modifs d’adaptation du moteur au cadre
Un moteur mythique et un cadre qui l’est tout autant, tout était réuni pour faire une magnifique prépa. Mais ce café racer Norton – Harley Davidson ne fut pas simple à réaliser. Il fallut presque six mois au grand-père de Makai pour incorporer le bloc américain au sein du cadre britannique.

« Mon grand-père avait fabriqué des goussets en bois le temps d’adapter le moteur au cadre, car le moteur et la boîte de vitesses devaient être parfaitement alignés » raconte Makai. Puis, lorsque le moteur fut aligné avec la boîte de vitesses, son grand-père remplaça les goussets en bois par des goussets en métal.

À ses 15 ans, Makai voulant lui aussi construire une moto, il racheta les pièces à son grand-père et reprit le flambeau du projet NorHD. Mais de son propre aveu, ce custom resta une affaire de famille, de sorte que son père et son grand-père l’aidèrent tout au long du projet de prépa. À commencer par les modifs apportées au câblage électrique, ce qui n’était pas gagné étant donné la difficulté de coupler les systèmes américains et britanniques :
« Je n’ai aucune expérience dans ce domaine. C’est mon père qui m’a tout appris. Le schéma du faisceau électrique d’origine était obsolète car il s’agit d’un moteur américain dans une moto anglaise” explique le créateur de Mwinkcusstoms.
Un look café racer affirmé
Côté esthétique en revanche, c’est bien le jeune Néerlandais qui fut à la manoeuvre. Il créa lui-même le tableau de bord et le boîtier de la batterie à partir de modèles en carton. Puis il s’occupa entièrement de la peinture du custom. Quant au compte-tours, c’est un Smiths qu’il a fait restaurer exprès pour la prépa.


Côté freinage enfin, Makai et sa famille décidèrent de conserver les freins à tambour Norton d’origine. Tout comme le cadre d’ailleurs, qui ne fut pas redécouper pour accueillir le bloc Harley. De telle sorte que s’ils veulent revenir à la moto d’origine, ils peuvent !

Résultat des courses, le jeune homme a beaucoup appris pendant ce projet, mais n’a malheureusement pas encore pu profiter pleinement des fruits de son travail : « Je n’ai que 20 ans et je ne peux pas encore conduire ma moto sur la route. En juillet seulement, je suivrai ma première leçon de moto. Parce qu’aux Pays-Bas, le permis se passe en trois étapes selon le poids de la moto, etc » confie-t-il.



Crédits photo : Noortje Blokland – Instagram
Mwinkcustoms – Instagram
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